Ode aux idiots

Je dois te l’avouer, lecteur de l’incontournable PanikMagz, je m’inquiète pour ma santé mentale. Suis-je devenu respectueux des conventions et du cadre qui m’est offert pour exprimer, à travers mes maux, ceux de notre société occidentale en décrépitude constante depuis quelques temps déjà ? Pire, serais-je devenu raisonnable en abordant, enfin, des thèmes sérieux avec toute la gravité qu’il se doit pour ne pas offenser les personnes concernées par ce sujet ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que je vais te livrer, après moult articles farfelus, irrévérencieux et hors ligne éditoriale, ma seconde analyse toute personnelle d’un film. La voici.

Durant une période riche en introspections solitaires, de remises en questions fondamentales de qui je suis réellement, de doutes, d’incertitudes, d’humeur instable allant de l’euphorie la plus complète à la mélancolie la plus sombre, j’ai visionné une œuvre cinématographique qui, ce jour-là, m’a littéralement fais fondre en larme. Par la suite, rien que d’en parler avec d’autres pour en faire la promotion, le trouble qu’elle a provoquée en moi s’exprimait par des tremblements de voix et un léger voile humide devant les yeux. Je n’ai même pas osé refaire l’expérience du visionnage de celle-ci craignant la submersion émotive qui l’accompagne. Pourtant, sans revoir ce film, je vais te livrer, autant que mes capacités me le permettent (c’est ça! va te permettre!), mon sentiment vis à vis de cette création d’un de ces, trop rares, artistes que j’ai en haute estime (car oui, si je déteste tant de monde c’est que certains ont mis la barre beaucoup trop haute pour tous les autres), à savoir Lars Von Trier. Il ne s’agit pas du jubilatoire « Dogville », de l’intriguant et malaisant « Nymphomaniac », pas non plus du tragique « Dancer in the dark ». Non. Ce film possède la capacité étonnante de compiler à la fois toutes ces particularités dans un seul film. Et il s’agit (enfin tu va nous cracher le morceau) de « Les idiots ».

Dans mes souvenirs, l’histoire commence par une scène drolatiquement jouissive, de gens se faisant passer pour un groupe d’handicapés mentaux et de leurs accompagnants, dans un restaurant tout ce qu’il y a de plus correct créant un grand malaise dans la salle. Par la suite ces mêmes personnes décident d’aller de plus en plus loin dans leur démarche, histoire de mettre, bien profond, de cracher à la gueule des bourgeois la débilité de leur monde qu’ils méprisent. Inévitablement arrive le moment où la limite entre le jeu et la réalité se fait de plus en plus mince poussant le trouble jusqu’à son paroxysme dans la scène finale. Et quelle scène !

Nombreux détesteront cette création. D’autres l’adoreront. Certains les deux à la fois, et c’est en ça qu’elle est indiscutablement majeur en terme d’art. Il arrive à provoquer chez le spectateur des émotions contradictoires (n’est-ce pas ça l’essence même du mot « provocateur »?), créant un malaise, comme sur un bateau ivre, invitant à la nausée. C’est a mes yeux un film non binaire, où les limites se mélangent, où l’on aime l’irrévérence qui par la suite nous dégoûte jusqu’à l’écœurement. Je ne sais pas si je dois être reconnaissant envers ce bon vieux Lars d’avoir créer un tel spectacle de docu/fiction, car moi aussi j’ai adoré ce film, et pourtant aucun autre ne me fait autant redouter un nouveau visionnage. Merci quand même enfoiros !

Pour finir je ne vais pas rentrer dans la psychanalyse de comptoir du pourquoi je suis si terriblement troublé par cette fin (bordel rien qu’en écrivant j’en ai les larmes et le ventre tout zarb) mais simplement en ayant une pensée pour tous les bizarres, les étranges, les différents, les originaux, les marginaux, les incompris, les atypiques, les hors-normes, les déviants, les débiles, les anormaux, les exclus, les loufoques, les antisociaux, les autistes, les asociaux, les tarés, les fêlés, les négligeables, les dingues et les paumés, les Alice et Lawrence des livres de Vaquette, les schizos, les insignifiants, les cinglés, les inadaptés, les gogoles, les farouches, les apaches, les trisos, les hors-la-loi, les dépravés, les sauvages et autres pas pareils que ce soit subit ou volontaire, souvent les deux. Une pensée pour eux, car en effet, sans tous ceux qui ont, par leurs actes, agi hors des normes, des conventions, du bon sens, cela en dépit de la prudence et du raisonnable, nous en serions encore peut être à chasser, copuler et dormir au fond d’une caverne. Régis par nos besoins vitaux primaires, réduits en esclavage par ces pulsions animales. Sans eux nous n’aurions jamais connu les peintures rupestres de Lascaux, les écrits flamboyants d’un Rimbaud, la beauté d’une naissance du monde, les tourments psychologiques d’un Dostoïevski, la frénésie picturale d’un Van Gogh, la profondeur théologique d’un Bernanos, la misanthropie d’un Céline, la perversion d’un Sade, la passion amoureuse d’une Anna Karenine ou d’une Louise Labé, la fureur (non j’ai dis pas de blague nazi cette fois-ci) d’un Beethoven, la puissance complexe d’un Nietzsche, l’humanisme sociale d’un Darwin ou encore l’angoisse abyssale d’un Lovecraft… Ce n’est clairement pas en cherchant dans ce que l’on connaissait déjà qu’auraient été trouvées les avancés prodigieuses en terme de physique, de biologie, de sociologie, de médecine, de mathématiques. Alors oui je vous le dis, je vous aime.

Pour conclure: un grand respect pour ceux qui, avec bienveillance, font de leur mieux pour qu’ils puissent vivre, eux aussi, dans la dignité. Cet article et en votre honneur.

Cette Shit part. 1 de Moïse The Dude

L’excellence par la nonchalance

Il existe des projets musicaux qui apparaissent comme des étoiles filantes, courts mais intenses. Après les avoir écouté on espère que notre vœux de ne pas avoir oublié de mettre sur replay afin de le réécouter en boucle sera exaucé.


Cette Shit partie 1 de Moïse The Dude en fait partie.


Cet EP est élaboré à la manière d’un Russe Blanc :

  • Les textes sont aussi puissants qu’une vodka polonaise
  • Les prods sont goûtues comme du Kahula
  • Le tout est enrobé d’une ambiance laiteuse grâce au flow nonchalant du Dude et passe crème dans nos oreilles au point qu’elles en redemandent !!!


On se retrouve à sautiller dans de joviaux nuages en écoutant cette shit nous glisser dans les esgourdes, il suffit alors de fermer les yeux pour être propulsé sous le soleil groovant de Californie… tout confinement est aussitôt annihilé, on voyage comme un trip onirique de tonton Lebowski.


À la lecture de la trackliste on comprend aussitôt que tout bon cinéphile trouvera son bonheur car on y trouve du Jim Jarmusch (Ghost Dog), du Quentin Tarantino (Max & Jackie), ou bien du « Bloody » Sam Peckinpah (Peckinpah) agrémenté de deux featuring de derrière les fagots, le très bon Cosmar et le systématiquement impeccable LK de l’Hotel Moscou.

Cette excellente Shit nous honore par sa douceur nonchalante et embellie le ciel avec son ambiance groovy façon 70’s, on en redemande et, bonne nouvelle, une partie 2 se prépare.

En-T Squad – 34 sur Tenessee

Braine-Lalleu (aussi appelée le 34) est une paisible bourgade (40 000 âmes) du Brabant Wallon située à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles. La ville est connue en France du fait de Waterloo (un de ses hameaux) et de la célèbre bataille dont des traces sont toujours visibles sur place. Un autre de ses hameaux, Sart-Moulin, est indirectement connu pour avoir inspiré à Hergé le nom du célèbre château de son héros. La ville a vu grandir quelques personnages connus tels que François Damiens, ou dans le rap belge James Deano ou le collectif OPAK, liste à laquelle il faudra bientôt ajouter EN-T SQUAD (prononcer Hanté Squad).

En-T Squad a vu le jour sous l’impulsion de Denza qui rappe depuis 2006 (il avait un groupe à cette époque). En 2017 il croise, LostBoyMemphis, qui commence à rapper sérieusement, et le pousse à donner le meilleur de lui-même pour magnifier son art. Rapidement une sorte de connivence artistique se développe entre les deux MCs qui mutuellement se portent et se poussent. C’est donc comme une évolution logique que Denza propose à LostBoyMemphis de former un groupe : EN-T SQUAD.

Les 2 deux se butent depuis leur enfance au Three Six Mafia, Tommy Wright III, au Memphis Underground d’une façon générale, ou aux $uicideboy$ dans des choses plus récentes, la Phonk Devil Shyt s’impose donc naturellement sans réelle discussion. En plus le genre est largement sous exploité en France et en Belgique (notamment en langue française) depuis de longues années, il y a donc un espace pour s’exprimer et développer…

En-T Squad – Suicide Collectif

En 2019 ils commencent à préparer leur première mixtape SUICIDE COLLECTIF qui sortira un an plus tard, en novembre 2020. En parallèle avec Saudade, leur manager et ami de longue date, ils montent leur propre label CERBERE RECORDS. En novembre 2020 ils envoient Suicide Collectif à TOXIN NETWORK qui va les mettre très en avant (propulser serait d’ailleurs plus approprié) et leur permettre de développer rapidement une bonne fanbase (notamment en France), développement aidé aussi par le YouTubeur SPARTAK qui a grave kiffé le projet et qui lui aussi va également les mettre en avant. De leur côté les copains de LA PHONKERIE ne s’y trompent pas non plus et les intègrent directement dans leurs 2 podcasts « RADARS ».

La machine est lancée, les gars fourmillent d’idées et enchainent. C’est ainsi que 4 mois après Suicide Collectif vient de sortir CERBERE, leur deuxième projet. 14 titres d’une bonne Phonk diablement efficace. Pas de grande révolution dans cet album mais plutôt une confirmation de ce que laissait présager la première sortie et une évolution certaine dans la réalisation. Les gars sont solides, doués et ont su créer leur propre « marque de fabrique ».

En-T Squad – Cerbere

Pourtant ils n’ont pas de Beatmaker attitré. Ils choisissent des beats, free ou payants, sur Beatstars ou YouTube (une vingtaine en général), puis écrèment pour ne garder que les meilleurs et les plus cohérentes avec leur projet. Donc même si les prods sont irréprochables, il semble évident que leur particularité réside ailleurs et notamment dans les textes. Après avoir sélectionné les prods, chacun écrit de son côté et ils s’échangent les textes par Whatsapp. Ensuite ils se réunissent chez leur ingé son (Siméon du groupe de beatmaker La Miellerie) pour de vraies séances d’enregistrement façon « groupe ». Il y a deux éléments qui à mon sens les distinguent nettement dans le paysage de la Phonk Devil Shyt. Le premier c’est le soin apporté à l’écriture. Le problème avec la Phonk francophone, c’est que généralement ça sonne mal dans les mots, pour sonner comme du kinri, pour faire gore et devil, les textes sont souvent écrits comme des adaptations (un peu à la façon des tubes des yéyés) ou comme des traductions littérales, ce qui du coup sonne un peu fake. Avec En-T Squad, tous les codes du genre sont respectés, mais les textes sont écrits pour sonner en français. Pas de tonalités, de sonorités, malaisantes, les textes sont fluides, suivent bien les prods et sonnent parfaitement à l’oreille. Le deuxième élément c’est la technique et la complicité évidente qui se dégage de leurs morceaux qui contribuent encore à crédibiliser leur démarche par un rendu naturel. Qu’on ne s’y trompe pas, hein, ce n’est pas du Proust pour autant. Les textes sont noirs, violents, percutants, sales, c’est clairement du Memphis Underground crasseux comme les meilleurs Three 6 ! Quel régal !!!

CERBERE à peine sorti les gars sont déjà au boulot sur plein de nouveaux projets, et notamment une série d’EP intitulés « DEGUEULASSERIE » (titre fort de la première mixtape), le premier volume ayant pour sous-titre « SMOOTH CRIMINEL ». Tout un programme !!!!

Ce ne sont bien sûr pas les seuls dans cette scène Phonk francophone émergente des 20’s, mais il n’y a pas de doute sur le fait qu’En-T Squad survole allègrement le bail, que c’est un crew avec lequel il faudra compter demain. C’est clairement le bon moment pour découvrir leurs diableries !!!!

Cette Shit part. 1 de Moïse The Dude

L’excellence par la nonchalance

Il existe des projets musicaux qui apparaissent comme des étoiles filantes, courts mais intenses. Après les avoir écouté on espère que notre vœux de ne pas avoir oublié de mettre sur replay afin de le réécouter en boucle sera exaucé.


Cette Shit partie 1 de Moïse The Dude en fait partie.


Cet EP est élaboré à la manière d’un Russe Blanc :

  • Les textes sont aussi puissants qu’une vodka polonaise
  • Les prods sont goûtues comme du Kahula
  • Le tout est enrobé d’une ambiance laiteuse grâce au flow nonchalant du Dude et passe crème dans nos oreilles au point qu’elles en redemandent !!!


On se retrouve à sautiller dans de joviaux nuages en écoutant cette shit nous glisser dans les esgourdes, il suffit alors de fermer les yeux pour être propulsé sous le soleil groovant de Californie… tout confinement est aussitôt annihilé, on voyage comme un trip onirique de tonton Lebowski.


À la lecture de la trackliste on comprend aussitôt que tout bon cinéphile trouvera son bonheur car on y trouve du Jim Jarmusch (Ghost Dog), du Quentin Tarantino (Max & Jackie), ou bien du « Bloody » Sam Peckinpah (Peckinpah) agrémenté de deux featuring de derrière les fagots, le très bon Cosmar et le systématiquement impeccable LK de l’Hotel Moscou.

Cette excellente Shit nous honore par sa douceur nonchalante et embellie le ciel avec son ambiance groovy façon 70’s, on en redemande et, bonne nouvelle, une partie 2 se prépare.

SOUS LES RADARS – mars 2021

Nouveau volet de notre sélection mensuelle qui présente succinctement 3 à 5 projets (frenchies ou kinris) des 30 derniers jours, issus des marécages (ou non), aux confins du cloud, parus « sous les radars », souvent loin des lumières et du battage médiatique. Le but n’est pas de faire un classement, l’objectif est tout simplement de vous donner envie d’écouter autrement, « plus loin »…

  • HAIR JORDAN – VAN BOY

Hair Jordan est un jeune américain de Las Vegas, qu’on pourrait situer dans la mouvance de la GBC (autant par le look que musicalement). On le découvre en 2018 avec Darkness son très convaincant premier album, pur bijou d’alternative-emo.

En plus d’être musicien/chanteur, le jeune Jordan s’est bâti une petite notoriété aux Etats-Unis grâce à ses vidéos sur les réseaux.

En 2019, il bâtit un projet qui consiste à construire lui-même sa propre tiny-house sur la base d’un monospace et à entamer avec, un périple pour rejoindre Los-Angeles. La création de la tiny-house puis toutes les étapes de cette sorte de voyage initiatique sont captées en vidéos et retransmis sur les réseaux sous forme de blog-vidéo.

Ce voyage, qui par I-15N représente un trajet de 270 miles (environ 434 km) va durer 2 ans. Deux années ponctuées d’étapes, de rencontres, d’aventures, de mésaventures aussi, d’écriture, de composition et d’enregistrement (le plus souvent dans le Van). Il en ressort 5 morceaux qui constituent des sortes de cartes postales musicales de ce voyage initiatique. Les ambiances variées et beaucoup plus lumineuses que celles de son premier album le sortent du carcan Emo/GBC et font de cet Ep un disque qui sent la ride et le soleil, et qui devrait constituer un nouveau point de départ pour notre rookie aventurier.

  • ROLAND JONES – MURDA SEASON 4

Roland Jones, artiste de Saint-Pétersbourg en Russie, est l’un des trois piliers de SIC Records, label qui prend ses racines dans la Phonk radicale et poisseuse du Memphis Underground des 90.

C’est donc essentiellement de Phonk sombre dont il s’agit ici, même si au fil de l’album Jones fait quelques incartades dans la Trap. Une partie des prods sont assurées par des valeurs sures du genre comme le français Soudiere ou DJ Smokey. Comme toujours les samples sont admirablement bien choisis, bien exécutés et présentent l’avantage de ne pas être ultra calcinés par leur surutilisation.

Ce qui est remarquable chez Roland Jones, c’est son traitement du son, il ne pousse pas sur les effets (craquements, souffle, etc…) si commun de nos jours dans la Phonk, mais surtout ça lui permet d’introduire, comme toujours, une atmosphère très planante (quasi psychédélique parfois) dans ses morceaux.

Avec une telle bande son même un poisson-rouge peut s’imaginer ridant, toutes vitres ouvertes, dans une Chevy des 60 chromes rutilants, les subs crachant violement, sur une interstate surchauffée.

Par ces temps de pandémie mondiale et de restrictions de circulation voici un voyage qui fait du bien !!!

  • REDDO & BRODINSKI – SLOW MOTION

Brodinski, le rémois, a fourbit ses gammes comme DJ dans l’électro et la techno. Au milieu des 2010 il « rencontre » le rap, plus particulièrement la Trap, et tombe irrésolument dedans. Un peu avant l’arrêt de Bromance (en 2017), Brodinski avait commencer à beaucoup voyager aux Etats-Unis, et notamment à Atlanta, où il s’est taillé une véritable place en tant que producteur rap et a développé un solide réseau de connaissances artistiques. Depuis sa collaboration avec Hoodrich Pablo Juan en 2018 (pour le désormais célèbre The Matrix) on avait pu deviner qu’il se révèle entièrement dans les projets duos intégraux. Brodinski du fait de sa trajectoire, depuis l’electro/techno jusqu’au rap, apporte une intensité, une sonorité, différentes, qui lui permettent de se démarquer positivement dans le monde des producteurs.

Reddo quant à lui était un quasi inconnu de ce côté de l’atlantique avant cette sortie. On sait très peu de choses à son sujet, hors-mis qu’il fait partie de « l’écurie » YSL, qu’il avait déjà fait un single avec Brodinski en 2019 (Times 10). On sait encore qu’il rappe depuis environ 5 ans et qu’il collabore régulièrement avec ACT. Ce qui le démarque, c’est cette voix un peu rugueuse, tirant sur les aigus (qu’il maîtrise parfaitement). 

L’alliance des deux fonctionne parfaitement. Brodinski apporte un côté très intensif, rugueux, menaçant, à la musique et Reddo au lieu kicker façon d’un cosaque qui charge, prend les prods à contre-pieds, et kicke tout en finesse et en retenue. Les bangers s’enchainent, les cervicales sont clairement malmenées, on frôle l’extase, c’est un pur régal !!!

  • DOLORAIN – L’ORAGE

Dolorain est sans aucun doute une des figures montantes du rap français. Membre du très prometteur collectif Train Fantôme, il a su, projet après projet, tracer son univers dans l’univers de ce qu’on appelle communément le Punk-rap.

Je vous entends d’ici : « ok boomer ! wassup ? toi dès qu’on dit punk t’as le compteur bloqué ! »

Pas faux… je ne peux pas nier qu’avec mon background je suis particulièrement sensible à ce genre de sons ou d’attitudes. Mais pas que… Non nous somme dans Panik Magz et notre bail c’est d’essayer de trouver des pépites, et là c’est le cas !

Donc si je vous parle de Dolorain, c’est pour vous dire que le terme Punk Rap n’est pas satisfaisant. Il est trop réducteur. Dolorain, par sa technique, son attitude, ses textes, apporte une vraie touche de fraicheur dans le paysage formatée du rap. Il y a une vraie proposition artistique (musicalement et lyriquement) dans ses ouvrages, une démarche assumée et maîtrisée. On ne manque pas de rookies qui essayent, avec plus ou moins de bonheur (souvent moins), de copier les Ho9909 et autres cadors du style, mais avec Dolorain (et plus largement l’écurie Train Fantôme) on n’est pas dans la copie. Un peu à la façon d’un Ghostemane ou des City Morgue, on est face à un vrai rappeur, imprégné des codes du punk et du hard-core oui, mais pour faire du rap.

On est bien loin du poncif « mec qui gueule sur une 808 saturée ». Le bougre est capable de te kicker des couplets à la kalash, oui, de te faire des ad-lib au RPG, oui, et dans le même temps de te poser des textes plus intimistes en « chantonnant ». C’est justement, en plus de sa solide technique, cette grande flexibilité dans les flows, cette capacité à faire varier les débits, les tonalités, les registres, les univers qui fait sa singularité et le propulse directement dans les espoirs montants.

MONTE LE SON ! MONTE LE SON ! MONTE LE SON !

  • DEADPAN DARLING – DEADPAN DARLING

 Deadpan Darling est une formation éphémère qui a vue le jour en 2005 par la réunion de Blue Sky Black Death (BDSD) et Ceschi Ramos (rappeur/producteur du connecticut et co-fondateur du label Fake Four Inc.)

A l’époque les 3 enregistrent plusieurs morceaux communs, mais rien n’est véritablement finalisé, rien ne sort, le projet reste en suspens.

BDSD et Ceschi (Chess-Key) reprennent chacun leur chemin artistique respectifs, même s’ils restent en contact (quelques temps plus tard Fake Four deviendra même le label des BDSD). Les années passent, des disques durs sont perdus, des chansons sont effacées et le projet semble plus que jamais mort et enterré.

Ultra88 et Televangel se séparent, le premier va fonder son propre label (Ultra Glacial) alors que le second reste sur Fake Four et poursuit sa carrière en solo. 15 ans après les enregistrements initiaux, Tellevangel décide d’exhumer ce projet et de le reconstruire entièrement. C’est ainsi qu’après plus de 15 ans de gestation, et un gros travail de reconstruction de Televangel, est né en mars 2021 ce pur joyau emo-cloud, à la limite de la dream pop parfois, un disque qui ne peut que ravir les fans de l’univers si singulier de BSBD.


Toi aussi fais comme Tom!

 

Poster « Ne soyez pas trash - conception de recyclage drôle », par  the-elements | Redbubble

Quoi tu ne connais pas Tom ? Il va falloir que je participe à ta réhabilitation socialo-écolo-islamo-pédo-fémina-gauchiste. Tom n’est autre qu’un petit personnage t’expliquant, le sourire aux lèvres, que tu es un encul… d’individualiste, égoïste responsable du dérèglement climatique, de l’extinction de masse du vivant, du trou de la couche d’ozone (« numanumanumayé »), du Grand remplacement, de la fin de la civilisation, de la faim dans le monde et des trous dans les chaussettes… si tu ne fais pas tout de suite comme lui. Car Tom tri, Tom collecte, Tom traite, Tom composte et, enfin, Tom recycle. Tout comme Tom, l’inégalable (tu peux toujours nous copier, tu n’en resteras pas moins qu’une pâle copie) PanikMagz recycle également.

  En effet j’ai pu constater que certains articles publiés dans le magazine sont d’anciens écrits publiés dans une infâme revue putassière. Toutefois par respect pour lui (d’autant plus que c’est lui qui me paye) je tairais le nom de l’auteur de ce recyclage. Alors vu que d’autres le font je vais également m’y mettre et pondre un article vite fait (« mal fait, c’est du sans filet ») en réutilisant un texte pourri (« pour faire tripper les gamins ») de l’époque où je tentais de draguer de la chatte planqué derrière mon écran d’ordinateur. Car, oui, il fut une époque, avant la gloire et le succès que m’offre cet espace d’expression libre, où votre rédacteur favori en était réduit à essayer vainement de se chopper des MST extraconjugales par ce biais. Pour l’anecdote rigolote, la dinde m’a répondue comme quoi je suis un méchant mâle qui parle mal de sa pouf, tandis que rien pour tout le reste. Ma radasse peut dormir sur ces deux oreilles (« est-ce que ce monde est sérieux »). C’est pas comme ça que je vais faire, dans son dos, des gouzi-gouzis avec de la gerce en chaleur. Voilà ma technique d’approche.

Notes d'intention féministe : répondre au mansplaining - 50 - 50 Magazine50  – 50 Magazine | "les péripéties de l'égalité femmes/hommes"

«  Aujourd’hui est jour spécial. Je sais, par expérience, que les Roberts, sous leurs airs à la fois hostiles et grivois, parfois vindicatifs lorsqu’ils sont remontés, ne sont rien d’autre que sensibilité et douceur maltraités. Forcément, à force d’être malaxés, tâtés, tripotés, tripatouillés, torturés avec brutalité comme une pâte à pain pétrie sans amour par des mains indélicates et égoïstes, ils sont pas content les roberts, petits ou gros. Il faut savoir les prendre avec tendresse et délicatesse ces bêtes là. Au pire on peut les asticoter avec un peu de mordant, pour certains c’est excitant. Alors vu qu’aujourd’hui c’est mon anniversaire, Robert, fais-toi plèz, touille moi le derrière! Oublie le chocolat, moi j’aime le sale. Fais-moi me sentir femme, et toi sois un homme, encore, même quand ça saigne hardcore. La tête dans les toilettes, je serai ton canard et j’avalerai tout rond ta touillette, avec un peu de chance tu verras sa forme en travers de mon cou.
  Pas de chance pour toi, je ne suis pas célibataire. Dans notre couple les relations extérieures ne sont pas proscrites, mieux, pour elle, elles sont prescrites. Mais bon en ce moment je ne sais plus si c’est ma meuf ou bien ma mère, quoi qu’avec ma mère on baise encore. Du coup je tente ma chance et trompe l’ennuie en cédant à cette fameuse, ou fumeuse, c’est selon, « envie chelou de créer un contact direct sans passer par ce site « tellement froid et impersonnel » malgré tout ce rose ».
  Je ne te demanderai pas non plus si « sava ». Déjà, de un parce que j’te connais pas, et de deux, bah j’te connais pas quoi. Ça me ferai quoi de savoir ton état de santé physique et/ou moral. Je n’y pourrai rien changer, à la limite t’écouter et faire des « mmmhh » et des « ah » compatissants. De plus, à la base, les relations sociales c’est pas mon truc, préférant encore me torcher le uc, comme il se doit, avec les doigts dans des toilettes turcs.
  Pas plus de complexité chez moi que de chien dans un resto chinois. La vie c’est simple comme une tarte dans la gueule. Tu nais, tu bosses, tu roules dans ta voiture tunnée, et puis tu meurs dans d’atroces douleurs, d’une jolie tumeur. Le reste c’est des conneries, c’est de la merde. Leur art? L’horreur! Leur lard? Des porcs! L’amarre? Au port (ou au dôme pour les connaisseurs)! Leur Liberté, Égalité, Fraternité? Leur quoi?! Leurs leurres, leurs rer, leurs peurs… L’heure tourne! Leur or? Leurs morts! Leur joie? C’est caca! Leur amour? C’est combien! Leur honneur? Pour demain! Leur morale? Dans leur cul! T’as vu c’est pas compliqué la vie!
  Par contre j’ai des valeurs. Et pour le coup je me prends pas pour de la merde, ou sinon ça fait cher le kilo. En effet je suis à 300e/heure, 600 la soirée, et 2000 boule pour mon boule à disposition, dans toutes les positions (tu vois je suis généreux en t’offrant ma virginité anale, tu as de la veine Robert) pour la nuit. Malgré tout je suis (et j’essuie aussi) sans client, donc pauvre.
  Me prend pas la tête. C’est pas un constat pour le coup, c’est une exigence. Valable tout autant à titre personnelle que collectif. Bah quoi ? N’ai-je pas dit que la vie c’est simple. Alors faites pas chier Mémé! Laisse-moi donc caresser l’espoir de sentir, de toucher, de goûter, de voir, à travers son pudique voile noir, soyeux et ondulatoire, confortablement installée entre les jambes, bien au chaud avec son calme vibratoire, à sa place, ma chatte.
  Une fois de plus je vais te décevoir car je ne risque pas de prendre peur en lisant ta présentation pour la simple, basique et unique raison élémentaire: « chaipalir ». Par contre si tu veux m’enterrer avec des clous rouillés, oranges mécaniques, avec pour seule activité de devoir me nourrir en rognant les os, les ongles et les cheveux poussiéreux de belle-maman, je dis pas nan. Je suis toujours tenté par les nouvelles expériences. Ah! L’aventure…

Décidément rien ne colle entre nous. Mais bon, si tu lis tout ça, que tu passes, au moins, pas un mauvais moment, tu peux me répondre avec toute la liberté que tu t’autoriseras car en plus de n’avoir pas de valeur, je n’ai pas de limites, bien que je reste fatalement limité. Pour dire vrai je n’attends rien de spécial. Bref, on baise quand même ? Si c’est le cas tant mieux, sinon, tant pis (de vache) j’en ferai pas une une coromaladie. Prends soin de toi même si je te connais pas, tu as égayé, malgré toi, ma journée alors bon. Au plaisir de te lire, peut-être. »

L'Europe exporte une partie de ses déchets plastiques vers des pays d'Asie  qui peinent à les recycler

T’as vu c’est bien le recyclage ? Alors toi aussi deviens un bon citoyen du monde, respectueux comme il se doit, et surtout n’oublie pas que si tu ne fais pas le tri de tes emballages c’est autant de matière première qui partent en fumée. Tu veux vraiment être un égoïste en privant les populations pauvres des pays lointains de superbes bouteilles en plastiques pour qu’ils puissent aller chercher de l’eau croupie dans un marais à 5 km de chez eux. Dis-toi bien qu’un déchet recyclé c’est un outil très pratique pour un crève la soif.

SOUS LES RADARS – Janvier/Février 2021

Nouveau volet de notre sélection mensuelle qui présente succinctement 3 à 5 projets (frenchies ou kinris) des 30 derniers jours, issus des marécages (ou non), aux confins du cloud, parus « sous les radars », loin des lumières et du battage médiatique. Le but n’est pas de faire un classement, l’objectif est tout simplement de vous donner envie d’écouter autrement, « plus loin »… Janvier ayant été assez pauvres en sorties réellement excitantes notre sélection couvrira janvier et février 2021 (on vous l’avait dit lors du lancement de la rubrique, nous sommes des passionnés, nous écrivons pour partager notre passion, s’il n’y a rien et bien on écrit rien…)

  • 90 (noventa) – NOVLANGUE (tome 2)

Nous avons déjà consacré un article à la sortie de ce véritable bijou qu’il était impossible de ne pas faire figurer dans notre dossier des coups de cœurs. Ce disque est clairement un indispensable pour ses prods, son ambiance, pour cette qualité d’écriture et la poésie qui marque clairement le style de ce talentueux stakhanoviste Lyonnais, mais surtout, surtout, pour la personnalité de Noventa, empreinte d’une douce folie bienveillante.

A ne surtout pas rater !

  • DANNY LOVER – I FOUND OUT WHERE YOU LEAVE

On avait quitté le canadien en 2018 avec l’intéressant « Live From The Uk » projet réalisé lors de son voyage en Angleterre pour voir son label (Blah Records) et enregistré avec différents artistes (producteurs/rappeurs) locaux. Dans I FOUND OUT WHERE YOU LEAVE c’est une toute autre ambiance qui s’impose. On retrouve évidement cette facilité à jongler les mots, cette technique et ce flow « éteint » et ultra lent qui caractérise Danny Lover, mais surtout à l’écoute, immédiatement, dès les premières mesures, on est cueilli par un sentiment de sérénité, de quiétude, de plénitude, provoqué par l’alchimie parfaite entre le flow du rappeur et la qualité des compositions du producteur Jack Chard ! Quel attelage, quelle réussite ! Sur ces prods taillées sur mesures, plus que jamais Danny Lover excelle à « injecter de l’air » dans ses mots et, ses vers, lentement, s’envolent, nous prennent par le cerveau et nous accrochent aux nuages.

Un seul défaut mais de taille !!! Le projet ne fait que 4 titres, et c’est clairement insuffisant pour se rassasier !

  • SCVTTERBRVIN – P.H. LOVECRAFT

3ème volet d’une série de P.H initiés par Scvtterbrvin en 2018 avec Paradise Hell, suivi en 2019 par Purgatory Heaven. Cette fois-ci le californien a choisi de s’inspirer de l’œuvre de Hp Lovercraft pour faire évoluer son héros. Les producteurs Abomination Oner et Hi_Post servent à merveille le propos et donnent toute la dimension au projet en nous plongeant dans des ambiances sombres, inquiétantes, maléfiques… Un vrai régal ! « n’est pas mort ce qui à jamais dort »… brrrr !

  • GÄNGSTGÄNG – PRIMITIVE RAP AND SHAMANIC DIRTY SABOTAGE FROPM SWISS JURA

Le rap Suisse est décidément rempli de surprise et de projets tous plus intéressants les uns que les autres ! Ce duo de Jurassiens Suisses (Pascal Lopinat à la batterie et le plasticien Augustin Rebetez au chant), « cousins » et voisins de Canichnikov, satellites du Collectif « L’Axe du Mal » en font la démonstration avec ce Primitive Rap and Shamanic… Encore un OVNI inclassable !!! Eux-mêmes définissent ça comme du Krautrap, sans que j’arrive vraiment à savoir ce que recouvre réellement ce terme… du rap choucroute ? du rap à l’herbe ? du rap de Boches ? (oui je sais, mais quand on à grandi dans l’est de la France on a le droit…) peut-être un peu de tout ça… Bien que toujours Sale, bruyant et punk (comme ils se définissent eux-mêmes) cet opus est nettement plus abouti que « Rap à Chien » (le précédent projet) notamment en termes d’écriture. Les textes sont tantôt incisifs, tantôt cyniques, désabusés, tantôt tristes, mais toujours teintés d’une solide dose d’humour et de dérision, voir d’autodérision. De leurs cotés les prods elles non plus ne manquent pas d’inventivité. Le tout fonctionne admirablement et particulièrement les morceaux « Livraison de Rapaces, Juste ça ou Crasse Crasse », bien que, à mon sens, ce genre de projets soient fait pour être savourés en mode album !

Quand elle est comme ça j’adore la liturgie helvète !!!

Le rap Suisse est décidément rempli de surprise et de projets tous plus intéressant les uns que les autres ! Ce duo de Jurassien Suisse (Pascal Lopinat à la batterie et le plasticien Augustin Rebetez au chant), « cousins » et voisins de Canichnikov, satellites du Collectif « L’Axe du Mal » en font la démonstration avec ce Primitive Rap and Shamanic… Encore un OVNI inclassable !!! Eux-même définissent ça comme du Krautrap, sans que j’arrive vraiment à savoir ce que recouvre réellement ce terme… du rap choucroute ? du rap d’herbe ? du rap de Boches ? peut-être un peu de tout ça… Bien que toujours Sale, bruyant et punk (comme ils se définissent eux-mêmes) cet opus est nettement plus abouti que « Rap à Chien » (le précédent projet) notamment en termes d’écriture. Les textes sont tantôt incisifs, tantôt cyniques, désabusés, tantôt tristes, mais toujours teintés d’une solide dose d’humour et de dérision, voir d’autodérision. De leurs cotés les prods Quand elle est comme ça j’adore la liturgie helvète !!!

  • JAM BAXTER – OBSCURE LIQUEURS

Encore un très beau projet pour l’excellent label anglais Blah Records, qui décidément fait carton plein ces dernières semaines. Après une collaboration avec Lee Scott en 2019, Jam Baxter revient avec un vrai projet solo qui devrait l’ancrer comme une valeur sure du label. Le gros point positif, qui donne une autre dimension au projet, c’est la participation du légendaire producteur anglais SUMGII, qui assure toutes les compositions et installe ses paysages sonores urbains expérimentaux et électronique pour venir magnifier les textes à l’imagerie poétique de Baxter. L’ensemble donne une sorte « d’Abstract Boom Bap Expérimental » et ça fonctionne !!! Essayez donc de résisiter au venin envoutant de « Scales » ou de « Level 9000 » et vous pourrez en juger par vous même !

  • GROSSO GADGETTO & PINK ROOM FEAT. ODDATEEE – WOKE

Entre le 1er et le 2ème confinement Grosso Gadgetto et Pink Room se sont retrouvés avec leur claviers (physiques et virtuels) pour une cession d’impro drone d’environ 1h00. Après l’avoir coupée en 5 parties distinctes les musiciens y ont ajoutés les basses, beats, synthés additionnels et divers instruments / bruits, dont une flute. Le projet est renforcé vocalement par les textes et la voix d’Odatee sur 3 morceaux. A l’arrivée on obtient un vrai opus de Hip-Hop Noise Experimental au son résolument millénial, qui dénote clairement dans le paysage actuel, mais qui en même temps fait tellement de bien si on a un jour apprécié les sorties de Def Jux ou Anticon. C’est extrêmement bien fait. Tout comme dans l’indus, les « drones » nous saccagent les neurones pour nous mettre en apesanteur et les répétitions de motifs nous plongent dans une sorte de transe hypnotique qui marque au plus profond de l’âme. Un disque puissant, qui bien au-delà du bruit et des mots parle à l’être intime.

Ce disque d’un abord qui peut sembler difficile, se révèle profond et hautement addictif dès qu’on en à pris la mesure (et en plus c’est français Mossieur !!!). Bravo !!!

Michel Marietta : illustrateur , peintre , graphiste , chanteur et coloc

J’ai rencontré Michel il y a presque 20 ans, dans le 77, après avoir répondu à une annonce d’un groupe de fusion métal qui recherchait une chanteuse.

J’ai très vite intégré le groupe oRoCHi, devenant la chanteuse mélodique aux côtés de Michel qui gérait les voix saturées. Après quelques aventures épiques et des histoires dignes d’un feuilleton Netflix, j’ai quitté le groupe, et suis partie en colère contre la plupart des membres du groupe, montant mon propre projet, avec mes compos et mon écriture : HöBoLLy , avec ma meilleure amie à l’époque .

Je n’ai pas eu de nouvelles de Michel pendant des années jusqu’à ce que l’on reprenne contact sur facebook, autour de 2013.

Nous nous sommes en quelques sortes réconciliés et il est devenu mon colocataire en 2015. Cette année, nous avons fait pas mal de fêtes artistiques à l’appart avec battle de dessins et jam de musique. Je l’ai également convié à exposer avec moi au Festif’l’art cet été de 2015.

Depuis, j’ai pu voir son mental et son art évoluer, tout en l’encourageant et en lui faisant part de mes suggestions. J’ai été le premier témoin de ses travaux de ces dernières années et j’en suis très fière.

Illustrateur et graphiste, il s’est depuis prit de passion pour le design 3D, la peinture sur figurine, la sculpture et a entreprit le démarrage d’une nouvelle BD originale : The Improbable RatDude & Glitch the comic book, étant plutôt dans le domaine du fan art jusque-là.

Parallèlement à ces activités, il a intégré un collectif et boîte d’édition indépendant Américain : Gee comics .

Ayant l’opportunité de mettre en avant des artistes, je me devais donc de le faire pour celui qui est devenu ces dernières années, mon meilleur ami, mon confident, mon bro.

N’hésitez pas à suivre ses travaux et faire appel à ses talents :

https://www.instagram.com/michel_marietta/

https://www.instagram.com/mike_miniatures/

https://www.instagram.com/ratdude_and_glitch_comics/

http://www.geecomics.com/

90 (noventa) – Novlangue (Tome 2)

Novlangue (Tome 2) est le 61 ème projet en 25 ans pour ce lyonnais hyper prolifique.

Noventa est vraiment très productif et adore bosser dans l’urgence. Il annonce un disque 15 jours avant sa sortie, mais n’a pas encore gratté une ligne… Il aime ça, cette pression qui le force à sortir ses émotions sans filtres pour en nourrir ses différentes histoires. Ca fait partie de son mode de création en fait. Noventa a une approche créative très Post-punk (voir punk) basée sur la spontanéité, le feeling, l’émotion. Il le dit lui-même, il ne peut pas passer des jours et des jours sur un morceaux parce-que cette répétition, ces réécoutes, ces réglages successifs, répétés, ces reprises de voix, etc…, perdent l’intensité du propos, le morceau s’use, perd de son intensité et de fait de son intérêt. A ce titre au moins on peut dire que c’est un intervenant singulier dans le rap. Là où il est de bon ton de parler de son, de mixage, de prise de voix, etc, lui revendique la spontanéité, la justesse du propos, plus que la justesse des notes ou le fait d’être carré sur le beat. En prenant le temps de parcourir sa discographie on ne peut que comprendre son propos et lui donner raison tant l’identité qui s’en dégage est forte.

Novlangue fait évidemment référence à 1984 d’Orwell, mais de façon marginale. C’est surtout un jeu de mot entre Noventa et Langue. Deuxième fait marquant chez lui c’est cette écriture très poétique, cette langue qu’il découpe, réassemble, réinvente. Dans cet album (comme dans le Tome 1) il rappe 2 textes de Gherasim Luca, son poète fétiche. Cette admiration qu’il voue au poète explique sans doute en grande partie son style si particulier d’écriture (voire partiellement l’univers dans lequel il nous fait évoluer dans ses textes). En effet Gherasim Luca est un poète contemporain (il s’est suicidé en 1994 à 80 ans) qui était très axé sur l’oralité, le rythme, obsédé par la mort et inventeur de ce qu’il appelait lui-même des « cabales phonétiques ». Noventa le dit, et il est facile de le constater, les textes de Gherasim Luca possèdent leurs propres rythmes et les lire c’est les rapper. Il semble évident que l’écriture de Noventa est empreinte de cette influence majeure, sans toute fois tomber dans le pastiche ou le copy-cat. En dernier lieu, et bien qu’il affirme ne pas y avoir pensé sur l’instant, dans ZAR ONDA NAV (le 3ème titre de l’album) Noventa rappe le morceau dans une langue totalement inventée (un peu comme les Gnomes pouvaient le faire à leur époque), on est donc bien dans une nouvelle langue au sens premier du terme. C’est bluffant ! Ca ne veut évidemment rien dire et pourtant, ça fonctionne, l’émotion passe et laisse une charge émotionnelle comme un message intime. Impressionnant ! C’est ça aussi Novlangue !

Comme à son habitude Noventa réalise la plupart des instrus de ce disque, à l’ancienne, comme on le faisait à l’époque de MySpace : samples, boucles, beat. Là aussi, comme toujours il se montre inventif et créatif. Comme il le fait régulièrement il utilise des boucles de violoncelle (viole?) qu’il mêle habilement avec des sonorités très froides (limite indus) et d’autres sons empruntés à la musique contemporaine.

Noventa a noué de solides relations artistiques à travers le monde, à l’époque de MySpace, et fait vivre ces collaborations à distance depuis lors. Cet album ne déroge pas et on y voit venir en appui des artistes comme les français Mad Clay ou Folle Alliée, mais aussi Goersch d’Allemagne, l’américain p.Wrecks (de Seattle), Chandor Gloomy de Hollande, ou les anglais Nil By Nose (associé à Chandor Gloomy dans Nostril Flair) et Mood Taeg. Certains amènent des mots, d’autres des sons, et il se dégage une vraie alchimie du disque. Ce « casting » international participe grandement à donner une autre dimension à ce disque dans lequel on peut entendre des couplets en français, en anglais, en espagnol (et dans une langue inventée donc), l’assemblage étant en finalité harmonieux et pour tout dire très efficace.

Dans ce disque (comme dans le premier tome, et, dans une moindre mesure, le reste de l’œuvre) on est clairement en marge du Trip-Hop, du Rap, et du post-punk,  instinctivement à l’écoute on pense à l’univers de Cannibal Ox, Aesop Rock, Sole, Sage Francis, mais également en France à des artistes comme Kni Crik, Nox ou par certains côté Die Form… Il y a pire comme références !!!

En résumé NOVLANGUE (Tome 2) de 90 (noventa) est réellement un disque à découvrir, pour son écriture, la sincérité de son propos, ses prods qui se démarquent nettement dans cet environnement de plus en plus normalisé, pour ce côté sombre mélancolique, mais sans le côté nihiliste/désespéré/suicidaire, qui nous dit clairement que le monde va mal, mais qui en même temps laisse entre-apercevoir la lumière au bout du tunnel, parce-que ce disque est en accès libre en Name Your Price (donc en fonction de ses moyens on peut donner entre 0 et le PIB du Qatar), parce-qu’ aujourd’hui plus que jamais il faut soutenir les artistes, à ce niveau on peu même dire artisan (au sens noble du terme) et parce que ce disque est empreint d’une douce folie qui par sa bienveillance et la force de ses mots soigne les âmes les plus fracassées (ce qui n’est pas un luxe par les temps qui courent et devrait même être remboursé par la sécurité sociale)….

Une vie de rêves.

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Vous avez dit cliché? Tape donc « enfant surdoué » sur gogole et constate par toi-même.

Cher Hannibal, lecteur du fantasmagorique PanikMagz, laisse-moi te conter la merveilleuse histoire  de Sandrine et Sébastien. Pour une fois je vous assure qu’il n’y aura aucune haine, aucune rancœur, aucune aigreur. C’est une histoire tout ce qu’il y a de plus simple et tendre (Didier Wampas  est le roi) agrémenté de beaux sentiments, d’espérance et de bienveillance. Fais attention, n’étant pas habitué tu risques d’être quelque peu décontenancé par ce texte sorti tout droit de mon imagination. Y en a marre des sales blagues et du foutage de gueule à tout va. Déconstruire c’est rigolo mais construire c’est tellement plus beau (beau comme un slogan d’entreprise).

  Sandrine et Sébastien donc, humain de leur état, comptable et ingénieur de fonction, conformistes de caractère, sont sans doute les deux êtres vivants les plus heureux de par le système solaire, que dis-je, de l’univers et au-delà. Grâce à leur abnégation, leur travail, leur sociabilité, leur chance (qu’ils ont provoqué, n’en doute pas un instant), ils ont tous deux réussi à réaliser leur rêve le plus cher: fonder une famille heureuse. Mais ne vas pas croire que cela s’est fait sans difficultés, comme par magie. Il a fallu en premier lieu que le destin les mette l’un et l’autre sur le même chemin, qu’ils s’accordent ensemble par des compromis, des concessions et des arrangements implicites. Les rêves ont toujours un prix qu’il faut payer au risque de le voir s’échapper à jamais. Malgré une profession qui ne les enchante guère plus que ça (mais bon faut bien travailler pour vivre) avec des collègues tout juste sympathiques, en apparence, des supérieurs zélés et antipathiques (mais bon faut bien qu’ils travaillent aussi pour vivre) celle-ci leur a permis de faire l’acquisition d’un pavillon, ni trop moche ni trop vieux, dans un lotissement tout à fait tranquille et recommandable, dans la proche banlieue de leur ville natale. Bref, comme ils le disent si bien : « on n’est pas trop mal loti ! » Toutefois, pour compléter leur ambition, il leur manquait encore le plus beau cadeau que la vie finira par leur accorder par la suite : un fils !

  Après la naissance de ce don du ciel, un petit ange répondant au doux prénom de François, ils nageaient enfin dans le bonheur le plus total. Ils étaient au comble de leur joie, ayant réussi à faire tout ce qui est nécessaire pour parvenir à leur rêve de gosse en commun. Cependant au fil des ans, et ce en dépit de tout ce qu’ils tentent jours après jour d’apporter comme soutien, la réussite scolaire du fils prodige (comme ils disent) n’est pas à la hauteur de leurs espérances. Cette réalité  les inquiète -c’est bien naturel- car rien n’y fait. Pourtant leur cher François, bien que renfermé, est un garçon plein de bonne volonté, obéissant et joueur quand il est à la maison. Ils se demandent comment leur trésor va pouvoir s’en sortir pour affronter le monde quand il sera temps pour lui de quitter le nid familial et voler de ses propres ailes. Ce sentiment d’impuissance les laisse dans le désarroi le plus complet… Puis un jour, voyant à la télé un reportage sur l’échec scolaire des enfants surdoués, il y a comme une lueur d’espoir qui s’illumine au loin comme un phare au milieu de l’immensité de l’océan, perdu dans les brumes les plus opaques.

  Sans plus tarder, dès le lendemain pour être exact,  ils prennent contact avec toutes les personnes compétentes dans le domaine pour mettre en place ce qui est nécessaire à la détection de la précocité de leur petit oisillon jeté en pâture dans la jungle qu’est le système éducatif standard à la française. C’est chose faite. Notre couple anxieux doit encore attendre quelques jours avant d’avoir les résultats de toute la batterie de tests que l’unique précieux de leur cœur a dû subir pour déterminer si oui ou non celui-ci aura les capacités mentales et psychologiques pour réussir dans la vie.

  C’est le jour de la révélation. Les « SS », comme les appellent sans toutefois une pointe d’humour de mauvais goût leur plus fidèle ami, sont littéralement rongés d’inquiétude et d’angoisse à l’idée d’imaginer ce que va leur annoncer le psychologue scolaire.

« -Entrez donc s’il vous plaît. Ne restez pas là devant la porte, vous allez prendre racine pendant que votre fils baye aux corneilles.

-… (Avec une inquiétude encore plus vive)

-Ahahah… Je plaisante. Détendez-vous je n’ai rien de dramatique à vous annoncer. Vous serez plus à l’aise dans mon bureau que sur le palier pour entendre la bonne nouvelle.

-… (Cette fois un peu soulagées)

– Vous pouvez être totalement rassuré. En effet suite à tous les tests effectués par votre chère petite tête blonde, les résultats nous révèlent tout simplement que votre fils n’est qu’un grand débile.

-… (Mines déconfites)

-Mais non c’est une très bonne nouvelle, croyez-moi. Je travaille avec bon nombres de personnes en difficulté dans la vie de par leur extrême intelligence. Vous ignorez certainement tout des affres quotidien qu’endurent mes cli… patients. Hypersensibilité, doutes constant, sentiment de ne pas être à sa place, nulle part, d’où un isolement, des addictions, de la dépression… J’en passe des pires et des meilleurs. 

-… (Incrédules)

-Je vous assure que c’est mieux pour lui surtout avec soin caractère docile et prudent. L’avenir est tout tracé pour lui, aussi bien dans le monde du travail qu’au niveau social. Sans grand doute il pourra faire carrière en tant qu’officier de police, ouvrier à l’usine, ou dans le bâtiment ou encore militaire. Ces carences intellectuelles lui permettront facilement de s’intégrer dans un groupe d’amis rencontrés au boulot ou au bar du coin de sa rue. Aucun souci pour échanger sur leurs soirées en boîtes de nuit, leurs exploits de chasse -vous remarquerez que c’est presque les mêmes qu’en boîte-, sur le dernier reportage vachement top sur nos héros du quotidiens ou sur le match de foot de la veille. A lui la belle vie !

-MERCI docteur !!! (Définitivement soulagés)

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